En bref
- Depuis le 20 août 2026, le préfet peut suspendre le permis pour usage de stupéfiants en réitération, même sans conduite.
- Il faut une condamnation définitive antérieure pour un délit : un premier contrôle ne suffit pas.
- La suspension n’est pas automatique, et elle dure six mois au maximum.
- Conduire pendant la suspension expose à deux ans de prison et 4 500 € d’amende.
- Vous avez deux mois pour contester la décision.
Sommaire
- Ce que dit la loi Ripost
- Qui est concerné ?
- Un premier contrôle suffit-il ?
- Que peut décider le préfet ?
- Combien coûtent les autres sanctions
- Pourquoi le législateur a voulu cette mesure
- Comment se défendre et récupérer son permis
Un samedi soir, une personne est contrôlée à pied, alors que sa voiture est garée deux rues plus loin.
Pourtant, depuis peu, la loi permet de suspendre le permis dans certains cas, même sans conduite. Dans quels cas, et que faire ensuite ?
Dans cet article, nous faisons le point sur la loi Ripost, les pouvoirs du préfet et les moyens de contester.
Ce que dit la loi Ripost
Depuis le 20 août 2026, la loi Ripost (loi n° 2026-798 du 18 août 2026) permet au préfet d’agir après un procès-verbal pour usage de stupéfiants commis en réitération. Il n’est pas nécessaire d’avoir conduit.
Le préfet peut alors classer l’affaire, adresser un avertissement ou suspendre le permis à titre provisoire. Il peut aussi interdire la délivrance du permis à une personne qui n’en a pas encore.
Ce qui a changé
Avant le 20 août 2026
Le préfet ne pouvait suspendre le permis que pour une infraction punie par le Code de la route, donc liée à la conduite.
Depuis le 20 août 2026
L’usage de stupéfiants, défini à l’article L. 3421-1 du Code de la santé publique, peut suffire, à condition qu’il soit commis en réitération. Il n’est plus nécessaire d’avoir conduit.
Qui est concerné ?
Sont visées les personnes verbalisées pour usage de stupéfiants en réitération. Peu importe qu’elles conduisaient : un contrôle à pied sur la voie publique peut déclencher la mesure.
Si vous êtes contrôlé à pied pour usage de stupéfiants, ces règles vous concernent à partir du moment où le procès-verbal est dressé, c’est-à-dire à partir du 20 août 2026.
Sans permis, vous n’êtes pas à l’abri
Ne pas avoir de permis ne protège pas. Le préfet peut interdire la délivrance du permis, c’est-à-dire empêcher de l’obtenir, si un procès-verbal pour usage de stupéfiants en réitération est dressé contre vous.
Un premier contrôle suffit-il ?
Non. Un premier contrôle ne suffit pas : il faut avoir déjà été condamné définitivement pour un délit. Sans cette condamnation antérieure, il n’y a pas de réitération.
Reste le cas d’une amende forfaitaire délictuelle déjà payée. Selon la lecture stricte, elle n’est pas une condamnation, donc elle ne crée pas de réitération. D’autres estiment qu’elle suffit, et aucun juge n’a encore tranché.
Réitération, ce n’est pas la récidive
Il y a réitération quand une personne déjà condamnée définitivement, c’est-à-dire sans possibilité de nouvel appel, pour un crime ou un délit commet une nouvelle infraction. Le Code pénal (article 132-16-7) précise que cette infraction ne remplit pas les conditions de la récidive légale.
Si vous n’avez jamais été condamné définitivement, il n’y a pas de réitération, même après plusieurs contrôles.
Que peut décider le préfet ?
Le préfet a trois choix : classer le dossier, adresser un avertissement ou suspendre le permis. La suspension n’est donc pas automatique. Elle dépend de sa décision, prise au cas par cas.
La suspension du préfet dure six mois au maximum, et elle reste provisoire. Un jugement qui limite votre droit de conduire la remplace. Une relaxe (acquittement) ou un non-lieu (affaire close sans procès) la fait aussi tomber.
Conduire pendant une suspension
Conduire pendant une suspension de permis expose à deux ans d’emprisonnement et à 4 500 € d’amende.
Même pour un trajet court, la sanction reste la même. Avant de reprendre le volant, vérifiez la date de fin de la mesure dans la décision qui vous a été notifiée.